Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 21:13

Je pourrais dire qu'elle est ma muse,
celle qui m'a fait entrer en écriture
comme on entre en religion.
Colette, je l'ai découverte lors de la très belle
émission de  Michèle Cédric : "Dites-moi"
J'ai été séduite, touchée par ses mots,
ce qui se dégageait d'elle.
J'ai voulu approcher son écriture et j'ai lu
sa "Célébration du quotidien".
Ce livre m'a beaucoup touchée.
Et puis un jour j'ai vu ce stage qu'elle donnait
à l'académie internationale d'été de Wallonie :
"Mots de passe".
Parce que c'était elle, j'ai osé m'inscrire.
Et c'est là que tout a commencé. Là que je suis
née à l'écriture, en juillet 2002.
Après une gestation d'à peu près trente ans.
Lentement et sans faire de bruit.
Avec cette femme d'exception.
Délicate, attentive. Elégante dans le geste et le verbe.
Une femme dont j'aime énormément la poésie.
Aujourd'hui quand je n'écris pas,
quand je suis dans l'impossibilité d'écrire
pour quelque raison que ce soit,
je suis malheureuse.
Ecrire c'est me sentir libre, vivante.
Ecrire c'est, à chaque fois, une éclosion.
Une façon de vivre. De me vivre.
Une façon de me mettre au monde.
Merci
Colette.


Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : Ecrire
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (1 )
Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 20:43

"J'écris pour habiter ma vie, l'apprivoiser, l'ouvrir et l'ancrer. J'écris comme je respire,
par urgente nécessité. Nique au néant; déni, défi. je traque avec courage et rage
l'instant plénier qui s'immobilisera, tel un miracle,le temps de prendre et de reprendre souffle."

J"'écris contre le chaos, l'informe et le confus; signature dérisoire au bas du texte,
du fragment tissé dans la trame. Contre l'absence, le dérisoire et l'amnésie, je creuse et j'édifie,
je capture, je captive; j'enregistre, je transcris et je célèbre.
Je rature et je réécris."

"Aiguisée par d'autres plumes, imperturbables et solitaires, la mienne trace une trajectoire
tantôt laborieuse, tantôt vive.
Issue de haute enfance, barbouillée de lait, blanchie de craie studieuse, mon écriture a grandi
sous les branches maîtresses, exploré les fondrières et niché sous les combles.
Elle a mêlé son corps à d'autres : argiles pétries aux formes changeantes. Métamorphoses.
Elle a échangé salive, glaire, sperme et sang. Engendrée, elle a passé vie à son tour.
Elle a pâti sous les caresses, les insultes, les oublis, les éloignements.
Ecriture familière, étrangère, elle ira jusqu'au bout du risque, jusqu'à vieillir et mourir, s'effacer,
rentrer au couvert du texte universel comme on pose ses bagages sur le seuil de la maison nourrcière."


                                                                                                                              Colette Nys-Mazure

Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : Le souffle des poètes
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (0 )
Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 15:58

 

 Sur des rivages éclaboussés de vagues

et d'infini

larguer les amarres et déployer ses ailes.

Oser dire. S'insurger, dénoncer.

Défendre.

Remercier, rendre hommage.

Avec des mots qui tremblent

au bout des doigts.

Des mots nus, charnus,

usés, vierges,

ordinaires ou précieux.

Des mots doux, chauds,

parfumés.

Des mots qui claquent au vent,

tanguent, se brisent ou ressemblent

à de petites flaques d'eau.

Bordés d'écume

ou qui éclatent

comme des bulles.

Des mots qui révèlent,

dénudent.

En équilibre précaire

sur le fil des sentiments.

Traces. Signes.

Empreintes de pas

sur le sable mouillé.

Scintillements

à la surface de l'eau.

Mots du matin, du soir.

Mots à apprivoiser.

Mots pour apaiser, guérir,

entrer en amitié.

Avec soi-même et les autres.

Entre marée haute et marée basse,

des mots comme un lien

entre le visible et l'invisible.

Comme une bouteille à la mer.

Pour savoir si quelqu'un répondra,

laissera une trace, un signe.

Des mots pour peut-être, ensemble,

naître plus loin.

 

Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : A l'ancre de mes mots
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (3 )

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Je ne sais vers quel changement je me coule "
  mais le voyage a bel et bien  commencé.
  
Vers un ailleurs où je pourrais me poser,
poser mon corps chaotique et fatigué,
le poids de mes blessures.

Un ailleurs avec des mots
léchés par les vagues 
à moins que ce ne soit par mes larmes.
Car, à portée de regard, comme une évidence: la mer.
A perte d'horizon. La mer. 
Sa rumeur, ses humeurs.
La mer et l'écriture comme subsistance,
pain de mes jours.

Un ailleurs à l'écoute
de ma petite musique intérieure.
A défaut d'une chambre à soi,
inventer symboliquement un espace
qui m'appartienne,
que je puisse habiter à ma façon.
Construction encore bien fragile et hésitante, 
à grands coups de découragement, 
de tentatives maladroites et d'acharnement,
cet endroit se dessine peu à peu. 
Sous mes yeux. Sous les vôtres s'ils s'y posent. 

Espace impalpable qui se voudrait
alcôve sobre et chaude pour y loger 
un peu (le peu) de ce que je suis. 
Espace impalpable mais vivant
comme un battement d'aile.


      
         
Oui, le voyage a bel et bien commencé.

 

 

                     21 juillet 2009

                                                                                   

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