Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 12:32


Ne te lasse pas de crier

ta joie d'être en vie

                                                                                                                      
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et tu n'entendras plus
d'autres  cris.

Proverbe
Extrait de "Paroles de Touaregs"

                                                                                    
Hier j'ai passé du temps à chercher une photo pour accompagner ces mots. Je n'ai pas trouvé.

Et aujourd' hui, chez Jean,  une photo m'apparaît comme une évidence. Jean traque à merveille
l'instant pour saisir la lumière d'un visage comme d'un paysage ou des épluchures de fruits et de
gumes. L'infiniment quotidien qui nous entoure. Paysages de chair ou de terre entrelacés pour
des instants de vie commune. J'aurais aimé cette photo et les mots, côte à côte.  Ces mots qui
disent la joie d'être envie.  Ce regard-là pour rendre hommage à la vie. Ce regard qui rassemble
tous les regards où jaillissent l'étincelle du rêve et celle de l'émerveillement.
Ma jeunesse est loin mais j'ai l'impression d'avoir toujours ce regard-là...

Merci, Jean. J'ai pu faire la modification et mon espace s'enrichit d'une de vos photos.


         

Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : La part des autres
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (8 )
Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 19:38




Tu es né un 17 février. Sur une terre d'Afrique où la vie s'écoulait paisiblement. Tes jeunes années préservées, sauvegardées des charognards. Quand les hommes ont perdu la tête et le coeur. Quand ils ont vendu leur âme.  As-tu emporté avec toi un peu de ta terre pour aller vivre ailleurs ? Je sais que tu as emporté le meilleur de ton enfance. Calfeutrée entre la douleur, la perte.
Tu es né un 17 février. J'aurais pu te prendre dans mes bras, te bercer, caresser ta peau douce et m'émerveiller, comme chaque fois, devant la perfection d'un tout petit d'homme.
Aujourd'hui  c'est toi qui pourrait me soulever de terre. Tu es devenu un homme. Aujourd'hui c'est ton anniversaire. Je t'ai envoyé des livres comme j'ai pris l'habitude de le faire depuis que je te connais. Depuis que je sais combien ils sont importants pour toi. T'envoyer des livres, c'est aujourd'hui la seule façon d'être un peu présente dans ta vie. Cette vie que tu malmènes, où tu mets des barrières entre toi et les autres. La seule façon de te dire que je ne t'oublie pas malgré le mal que tu me fais, malgré le mal que tu te fais surtout à toi-même. Je t'ai promis de ne pas t'abandonner. De ne pas te lâcher la main tant que je serais là. T'envoyer des livres c'est un acte d'amour. D'amour dans ce qu'il a de plus désintéressé. Je n'attends rien de toi. J'ai appris à ne plus attendre tes mots. A Noël c'est vrai c'était douloureux, c'était un passage difficile pour moi. Tu ne m'as rien souhaité, tu ne m'as pas dit merci pour le livre, rien. Faut-il que tu sois mal, si mal, que tu aies mal, si mal pour n'être même pas capable d'un merci, d'un mot  d'amitié, d' un signe quelconque, d' une onomatopée, d'une main tendue le soir de Noël ?
Je t'ai imaginé découvrant l'enveloppe blanche, sa provenance. Déjà tu pouvais deviner ce qu'elle contenait. Elle ne pesait pas bien lourd, juste un livre qui évoquait ce film que tu avais vu, aimé. Tu l'as ouverte, pris le livre en main. Qu'as-tu ressenti en faisant ces gestes-là ? As-tu ressenti quelque chose ? Cette impression de mystère indubitablement. De me demander si tu ranges tes sentiments quelque part. Dans une boîte avec un couvercle.
Je ne suis pas sans coeur m'avais-tu écrit un jour. C'est impossible que tu le sois, je le sais. Mais tu l'enfuis sous une mer de maux et je me dis que tu ne dois même plus l'entendre battre. Il te faut nager, nager, plonger profond jusqu'à atteindre ton coeur. Cela t'épuise. Alors souvent tu restes à la surface. De ton coeur, de ta vie. Tu mets tes rêves de côté comme certains leurs sous à la banque. Tu dis que tu n'es pas aimé, qu'on ne peut pas t'aimer  tel que tu es. Et tu n'oses pas te montrer tel que tu es devant les autres. Tu souris, tu ris alors qu'à l'intérieur , tu es plein de larmes. Je les absorbe comme tes silences. J'y pose de temps en temps un livre pour qu'il t'accompagne dans ta quête. Tu dis  que la vie ne t'aime pas. S'il te plaît, n'accuse pas la vie. Elle est ce qu'on en fait. Alors cesse de gémir, d'avoir peur et va de l'avant. Tu te trouves au carrefour de tous les possibles.Ta jeunesse est une porte grande ouverte sur le monde. Sur la liberté.  Qu'elle ruisselle en toi.  Qu'elle t'éblouisse. Qu'elle te porte à semer, à courtiser la vie et frémir devant son souffle le plus infime.









Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : Lettres particulières
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (10 )
Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 20:43


Forme littéraire apparue enToscane au milieu du XIVe siècle,
la nouvelle est intimement liée à l'évolution de la littérature narrative en Occident.

                                                                                  Jean-Pierre Aubry





"En quelques pages, on fonce droit sur le sujet, un personnage à peine, ou quelques-uns, pris dans un moment particulièrement dense de l'existence. [...]
On est dedans, complètement, mais quelques instants à peine.
Tout le reste est silence. L'avant, l'après. Même le pendant parfois.
[...]
Il faut de l'émotion, en tous cas, c'est indispensable. Et une écriture, surtout. Un ton, une voix, comme celle d'un ami, qui sait en quelques mots à peine vous donner envie d'écouter la suite.
On peut, dans une nouvelle, raconter une minute ou une éternité, on peut y voir un unicellulaire ou une foule d'humains."

                                                                                                                                

Nicolas Ancion





   Cette fonction courte durée m'attire et m'impressionne à chaque fois. La liberté du cent mètres véhicule des codes exigeants, ils obligent à l'essentiel, en peu de mots tout est dit, mais à trop vouloir dire, la lumière s'éteint et dans le noir on ne voit plus rien.
   J'aime lire une nouvelle, comme j'aime regarder un tableau ou une photographie, j'aime ces îlots prometteurs, ces relations passagères auxquelles on revient parfois, souvent passionnément.


Frédérique Dolphijn




J'ai envie de partir du lecteur pour trouver une définition acceptable. Disons que la nouvelle est un texte court qui oblige le lecteur à travailler.  Contrairement au roman, le dernier mot d'une nouvelle n'est jamais le mot " fin". C'est au lecteur d'imaginer la suite, et ceci qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas la traditionnelle chute.


Patrick Dupuis



C' EST UNE BULLE d'air, une aubaine pour un romancier ! Une historie toute ronde dont on perçoit la rondeur illico. Un début, un milieu, une fin. Comme un dessin rapide : un nez, une bouche, deux traits pour les yeux et tout est dit.
Tout le plaisir est là : dans la liberté que cette vitesse procure. [...]
Ce qui compte c'est l'instant.

Ariane Le Fort



Quelques extraits seulement puisés pour vous dans cette plaquette coéditée par Indications et Kalame et offerte par le service général des Lettres et du Livre à tous les participants au concours de nouvelles 2009-2010 " Tout bascule".
Il y a aussi bien la définition que l'on peut trouver sur Wikipédia que celle de Charles Baudelaire en passant par le Dictionnaire universel des littératures et bien sûr la nouvelle vue par des écrivains belges avec, pour chacun d'eux, des titres de recueils conseillés.

Les dés en sont jetés pour le dernier  tour du concours : les 50 textes devaient être envoyés pour aujourd'hui au plus tard.
Le mien est parti hier matin, d'un clic,  et j'ai vraiment eu l'impression d'un oiseau qui s'envolait...



Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : Ecrire
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (6 )
Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 17:24
 



Ecrire est une offrande

comme cuisiner un repas

pour des gens que j'aime.



                                                         Renard






Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : La part des autres
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (9 )
Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 22:37


                               
" Il y a mille façons de mourir.

Le tout, c'est de trouver le moyen
de vivre.
"








Par Petit Poucet rêveur - Publié dans : A méditer
Pour quelques mots à partager... - Passeuses, passeurs de mots (5 )

29-ao-t-2009-358.jpg
Je ne sais vers quel changement je me coule "
  mais le voyage a bel et bien  commencé.
  
Vers un ailleurs où je pourrais me poser,
poser mon corps chaotique et fatigué,
le poids de mes blessures.

Un ailleurs avec des mots
léchés par les vagues 
à moins que ce ne soit par mes larmes.
Car, à portée de regard, comme une évidence: la mer.
A perte d'horizon. La mer. 
Sa rumeur, ses humeurs.
La mer et l'écriture comme subsistance,
pain de mes jours.

Un ailleurs à l'écoute
de ma petite musique intérieure.
A défaut d'une chambre à soi,
inventer symboliquement un espace
qui m'appartienne,
que je puisse habiter à ma façon.
Construction encore bien fragile et hésitante, 
à grands coups de découragement, 
de tentatives maladroites et d'acharnement,
cet endroit se dessine peu à peu. 
Sous mes yeux. Sous les vôtres s'ils s'y posent. 

Espace impalpable qui se voudrait
alcôve sobre et chaude pour y loger 
un peu (le peu) de ce que je suis. 
Espace impalpable mais vivant
comme un battement d'aile.


      
         
Oui, le voyage a bel et bien commencé.

 

 

                     21 juillet 2009

                                                                                   

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