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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 20:10




"Ecrire, quoi que j'aie pu dire à tous vents naguère, est un exercice hautement épuisant, un arrachement continu de viscères, de coeurs sanguinolents qui repoussent sans cesse, de veines qui n'en peuvent plus de s'ouvrir au grand jour et de se dévider comme des serpents. J'arrêterai donc. D'écrire, comme de respirer, comme d'aimer, comme de prendre dans mes bras celles que je chéris et qui me donnent la force. Et peut-être me laisserai-je alors glisser dans la répétition continue d'une musique qui sera la mort elle-même, mais sans que je le sache. Tout laisser des mots pour n'être plus qu'un corps fatigué et qu'une âme stupide écoutant sans fin une pièce de Fauré par exemple, cette berceuse notamment, Dolly, qu'une amie très chère, Josette Monfort, avait un jour offert en cadeau d'anniversaire à ma petite fille pour ses trois ans, venir dans cette musique, y venir et y revenir, à l'infini, y vivre en s'enroulant en elle comme dans un pays, une vallée, et ne plus faire de phrases, ne plus écouter le monde, ne plus se lever, ne plus parler, ne plus faire de gestes, ne plus aller au dehors, ne plus rencontrer les autres hommes, ne plus supporter leurs blessures et leurs crocs. Mais boire du vin en écoutant ce  court morceau où le violoncelle se lie au piano comme deux mains amoureuses avant les caresses".



                                                       http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/grandes110/0/6/2/9782350390260.gif                                               

                                                                                                       Au revoir
                                                                                                       monsieur Friant


                                                                                                       Philipe Claudel







                                                     


                                                                                              



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Published by Petit Poucet rêveur - dans Ecrire
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commentaires

Le Coeur Funambule 17/02/2010 01:01


J'écris, parce que souvent les mots sont tout ce que j'ai quand au matin j'ouvre les mains.


Petit Poucet rêveur 17/02/2010 18:28


Et moi ce matin j'ai ouvert les yeux sur vos mots...Je les lis, les relis. Ces mots-là, ce dénuement me touchent énormément.


veronique 16/02/2010 21:55


oh je ne t'en veux pas du tout...en fait ca m'a fait sourire... sérieusement je me passerais bien d'une salle de bain a nettoyer mais vu le nombre en ma demeure c'est comme un essentiel. Je me
préoccupe aussi du sort de notre planete un point en commun pour nous deux....

toute mes amitiés et ne te retient surtout pas sur tes commentaires j'adore te lire!
xxx


Petit Poucet rêveur 16/02/2010 22:18


Merci Véronique pour ces petits échanges...j'espère que tu as de l'aide au moins, un coup de main de ces personnes que tu héberges par exemple...
Et puisque tu adores me lire, je reviendrai très vite déposer d'autres mots :)
Donc là, vu l'heure, je te souhaite une bonne fin d'après-midi et une bonne soirée !


MULLER Géraldine 14/02/2010 13:36


Merci pour ce beau texte; la fin de l'écriture comme renouveau poétique...
Et je te souhaite une bonne Saint Valentin, car c'est la fête de l'Amour tout court, seule ou accompagnée... Qu'importe! car on est toujours -et c'est vital- d'abord accompagné de soi. Alors vive
la St Valentin, fête de l'Amour de soi!
bises
géraldine


Petit Poucet rêveur 14/02/2010 17:33


Merci,Géraldine, pour tes mots porteurs d'amour...


Renard 14/02/2010 01:03


Oui, écrire est tout cela et encore autre chose, mais cette douleur est douce et nécessaire... enfin, pour moi...
Je ne suis jamais contente lorsque j'écris, je doute, je trouve ça affreusement mauvais, et je me dis toujours que je ne vais pas offrir ça à d'autres, car pour moi, écrire est une offrande, comme
cuisiner un repas pour des gens que j'aime, avec la crainte que juste cette fois là, ce soit trop salé ou trop cuit... toujours cette peur de ne pas offrir quelque chose de correct, même en
essayant d'être la plus proche possible des sentiments ressentis..
C'est peut-être pour ça qu'une fois offerts, les mots que j'ai posés je ne les relis jamais plus..


Petit Poucet rêveur 14/02/2010 17:23


J'ai appris à l'atelier qu'il fallait être bienveillant envers son écriture et se faire confiance...Je pense qu'on peut adopter la même attittude en cuisine :)


Marieluce 11/02/2010 18:14


Les mots essentiels sont souvent ceux qui restent à dire, mais qu'on entend quand même sans les avoir jamais prononcés, ceux-là même qu'on emporte pour toujours dans l'au-delà ...


Petit Poucet rêveur 11/02/2010 22:17


J'espère aussi qu'on arrive à en dire certains...Ou à les écrire.
Merci Marieluce.


Se couler vers un ailleurs

Je ne sais vers quel changement je me coule "
  mais le voyage a bel et bien  commencé.
  
Vers un ailleurs où je pourrais me poser,
poser mon corps chaotique et fatigué,
le poids de mes blessures.

Un ailleurs avec des mots
léchés par les vagues 
à moins que ce ne soit par mes larmes.
Car, à portée de regard, comme une évidence: la mer.
A perte d'horizon. La mer. 
Sa rumeur, ses humeurs.
La mer et l'écriture comme subsistance,
pain de mes jours.

Un ailleurs à l'écoute
de ma petite musique intérieure.
A défaut d'une chambre à soi,
inventer symboliquement un espace
qui m'appartienne,
que je puisse habiter à ma façon.
Construction encore bien fragile et hésitante, 
à grands coups de découragement, 
de tentatives maladroites et d'acharnement,
cet endroit se dessine peu à peu. 
Sous mes yeux. Sous les vôtres s'ils s'y posent. 

Espace impalpable qui se voudrait
alcôve sobre et chaude pour y loger 
un peu (le peu) de ce que je suis. 
Espace impalpable mais vivant
comme un battement d'aile.


      
         
Oui, le voyage a bel et bien commencé.

                                                        
                              
                      21 juillet 2009                          

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