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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 16:20

 

 

 DSCF7520.jpg

 

 

 

D'elle, je sais peu de choses. 

Sauf que déjà je m'y suis attachée.

Elle a pointé un jour son museau dans ce paysage-ci

et j'ai été découvrir son Feelings.

D'abord j'ai été stupéfaite en voyant le nombre de commentaires...

Au moment de Noël, elle a été l'instigatrice d'une immense vague

au nom des sans-abri. Des centaines et des centaines de blogs ont

prolongé sa voix, épinglant la promesse non tenue de Nicolas Sarkozy.

Je sais qu'elle a été en contact avec des hommes politiques, n'ayant

de cesse de secouer l'inertie générale.

Je sais aussi qu'elle est mère et qu'elle a eu son lot de souffrance. 

Quand, par la force des choses, je me suis éloignée de l'ordinateur,

passant juste voir si j'avais du courrier et me contentant de publier

tous les cailloux brillant d'amitié, j'ai bien constaté que je ne recevais

plus rien de Renard depuis quelque temps. J'en étais très triste comme

pour Danièle et aussi Véronique...Mais Danièle est revenue se perdre

dans mon"chantier", pour ma plus grande joie, et Véronque est venue

me glisser un petit mot.

Et Renard. Rien.

Bien sûr, sur deux mois, il peut s'en passer des choses aussi chez les

autres...

 Alors j'ai été voir chez Renard. Son dernier article date du premier avril.

Et plus personne n'a de ses nouvelles.   J'ai joint mes mots à tous les autres

et j'ai posté aujourd'hui le 267ème commentaire.    

Je suis inquiète.

Alors voilà Renard, avec le peu que je connais de toi, je veux te dire

que  je pense à toi. Où que tu sois, dans ce monde-ci, ailleurs et même

au-delà. 

 Tu restes présente, non seulement dans mon monde mais en moi,

avec ces autres qui m'accompagnent pour ce bout de chemin...

Comme une évidence.

 

 

 

 


 


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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 21:02

 

 

Combien de fonds touche-t-on avant d'atteindre le fond ?

Et comment peut-on être sûr que c'est le dernier ?

Qu'il n'y aura pas moyen de descendre plus bas ?

Le dernier, est-ce celui dont on ne se relève pas ?

Peut-on être emporté par le chagrin, la désespérance ?

Peut-on se noyer dans ses larmes, y laisser sa peau ?

Combien de temps peut-on tenir avant que le coeur

lâche pour de bon ? 

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.*

Il faudrait que des bras me bercent.

Il faudrait redevenir petite fille et rentrer dans le ventre

de ma mère. Ne plus en sortir. 

 

 

                                                                               Petit Poucet rêveur

                                                                     Juin 2010

 

 

 

* Tout petit livre de Stig Dagerman,

   écrivain et journaliste suédois,

   qui s'est donné la mort en 1954.

 

 

 

 


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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 14:19

 

 

Enfantement.

 De l'aube au crépuscule de la vie.

Lutte incessante, à armes inégales.

Je ne voudrais plus revivre ces déferlantes

qui prennent le ventre d'assaut.

Au point que vous vous confondez

avec la douleur.


Tu enfanteras dans la douleur.

Et elle ne te quittera jamais.

 

Ce qu'on a été capable de supporter dans l'attente 

frémissante de l'explosion vitale, quand le corps,

jeune et fier, porte son fruit, on ne le supporte plus

quand les forces s'amenuisent, quand on a donné

tout ce qu'on pouvait donner. 

On a supporté les fièvres, les maladies, les nuits

décomposées, les mises au lit, tous les apprentissages

à donner. Avec ses failles, ses limites, avec tout ce qu'on

ne comprenait pas, on a avancé dans l'inconnu.

Jusqu'à faire, au cours d'une vie, des centaines et des

centaines de mises au monde. A l'image de ces centaines

d'histoires que vous avez lues. 

Des mises au monde, on en a raté  aussi d'autres centaines.


Tu enfanteras dans la douleur.

Et elle ne te quittera jamais.

 

Il y a ces moments où l'amour et tout ce que vous avez donné

semble révolu, dépassé.  Où tout ce que vous avez fait, tenté

de construire semble s'écrouler comme un château de cartes. 

Tout vous échappe, même le sens de la vie.

Seules demeurent des impasses.

Et la certitude qu'il n'y a pas de délivrance.

Une mère ne porte pas ses enfants juste neuf mois,

elle les porte tout au long de sa vie. 

 

 

 

 

 

 

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 20:40




Se rendre compte qu'on a touché la folie, celle de ne pas être sage.

Se rendre compte que l'amour, cet amour-là est irraisonné. 

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Lutter contre le coeur. En vain. En pure perte.

Le corps, lui, vieillit et l'âme se tend vers l'infini. 

Dans un mouvement éthéré. Sans un pli. 

Elle épouse le ciel, se fond dans un nuage porteur d'eau.

Si seulement je pouvais te donner à boire. 


"Plus tu es loin de moi - plus tu es loin en moi." 

Tu t'enfonces, tu t'enfonces, tu te confonds avec moi.

Quand je respire, tu respires avec moi.

Tu es partout. Dans le vent, les draps, mes hématomes,

dans l'air ambiant. La nourriture que j'avale.

Les gestes les plus banals.


"Je suis tombé du soleil", c'est toi qui l'as écrit.

C'est pour cela que tu as la peau sombre. 

Elle m'inspire, m'aspire, m'emporte là où tu es né. 

Je veux embrasser ta terre sur tes lèvres.

Te regarder dormir. Une nuit. Une seule nuit.

Comme avec ce jeune musicien.

Une nuit pour chaque ange.  Comme deux ailes

avec leur bruissement secret.

Il ne faudra pas mourir, comme lui. Pas si tôt.

Pas avant moi, cette fois.

Je veux que tu me veilles. Ton visage comme un photophore.

Luminescence. Je te veux. Pour mon dernier départ.

Puisqu'il faudra partir sans toi.


Se trouver pitoyable d'aimer à distance, en silence. 

Avec des mots qui dansent dans ma tête.

Obsolescence. Je vis avec le passé. Avec la beauté de ce qui fut.

Et des rêves éparpillés comme des miettes.  Je les ramasse précieusement. 

Quand je suis affamée, je cherche fébrilement le poème de Marie Uguay

parmi les livres qui jonchent le lit. Le poème qu'il m'a envoyé. Un jour.

Sans un mot. Sans une signature. Je m'abandonne à ces mots entre nous.


Se sentir pitoyable. De le désirer. Lui et personne d'autre. Jamais. 

Si quelqu'un savait. Jouir de cette intimité que personne ne me ravira. 

Et malgré la distance, entrer dans ta chambre. Je me livre à toi

à travers tous ceux que je t'envoie.  Que tu ne lis pas. Pas encore.

Un jour, peut-être quand je ne serai plus là.


Demain, demain, c'est promis, mes mots resteront invisibles. Mais là,

laisse-moi encore un peu donner corps à mes rêves. Juste un instant.

Suspendu comme un fil de soie. Juste un instant. Fragile. Te rêver.

Toi. Et personne d'autre. Jamais.  

 

Mon ventre se fait lourd. Il est gonflé de toi. 

Je vois en toi comme à travers un vitrail.

Tu fais partie de moi pour l'éternité.

 

 

                                              

                                                               Petit Poucet rêveur



 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:25


"Et si tu devais nommer un de ces livres marquants, lequel choisirais-tu?

                                                                                                    Lali


                                                            


                                                      15 fév10 007


Je me souviens. C'était le soir. Il y avait un invité pour le souper. Il m'a tendu un paquet.  Oui, je me souviens très bien. Maman était dans la cuisine. Papa et moi dans le salon. Avec cet invité. Le major Poullet. Un collègue de mon père.
Je crois que c'est la première fois que je recevais un cadeau d'un étranger. Quelqu'un qui n'était pas de la famille.
J'étais un peu gênée sans doute, j'ai été rejoindre maman dans la cuisine avec mon paquet. Elle m'a un peu grondée disant qu'il fallait déballer le cadeau devant la personne qui me l'avait offert. Sous le papier j'ai découvert un livre.
Les petite filles modèles de la comtesse de Ségur. Ce livre je l'ai sous les yeux. Maman y avait écrit mon nom et la date. Mai 1965. Ce sont des souvenirs très précieux. Je suis émue de revoir son écriture.
Pourquoi ce livre a-t-il changé ma vie ? Parce que j'ai dû, par la suite, les lire à pu près tous. Toute la collection de la comtesse de Ségur. Ces livres-là ont enchanté mon enfance.




                                                                                         15 fév10 009





Je me souviens.  10 novembre 2005. Mon anniversaire. Depuis le temps que je me disais " celui-là il faut que je  l'achète". Il était dans le paquet cadeau que mon mari et mes enfants m'ont offert. Un garçon d'Italie. Un livre à lire d'urgence. Ainsi se terminait l'article qui m'avait donné envie de le lire.
Pourquoi ce livre a t-il changé ma vie ? Parce qu'il m'a donné lui aussi l'envie d'en lire d'autres. Que  No qui avait tiré mon nom à Noël m'en a offert trois autres. Des trois j'ai commencé par "En l'absence des hommes". Je me souviens. De tout. L'émotion. Le bouleversement. Alors que je lisais dans mon lit.  Et puis l'auteur est venu à la Foire du livre de Bruxelles. Je l'ai rencontré. Allez savoir pourquoi j'ai eu envie de lui écrire quelques mots. Pour dire ma découverte. Combien j'avais aimé les deux livres que j'avais lus. Ecrire parce que je n'aurais pas su dire devant lui. Cette rencontre a été une des plus belles de ma vie. Le tout premier mail que j'ai reçu à mon adresse électronique  c'est de lui.  Je me souviens. L'émotion, si forte. Lui, l'écrivain, l'homme du monde il m'avait écrit. A moi. Femme banale par excellence. Je lui écrit beaucoup moins souvent aujourd'hui. Mais il a toujours quelques mots pour moi. Cinq ans que cela dure. L'inespéré. Après l'avoir rencontré, j'ai découvert son site. Sur son forum, j'ai découvert celui qui se faisait appeler le Fou. Et si je te connais aujourd'hui, Lali, c'est grâce à lui. Le lien entre vous deux, c'est Marie Uguay. Un poème d'elle a atterri un jour sur mon ordinateur. Il venait se poser sur un long silence, tellement blessant. . Un poème qui, pour moi, vaut tout l'or du monde. Quelques lignes sublimes que je garde pour moi dans mon jardin secret.
Voilà comment Un garçon d'Italie m'a fait franchir l'océan. Jusqu'à Oeil-de-Nuit. Jusqu'à toi. Oui, il y a des livres  qui changent une vie et on ne retourne plus en arrière. Impossible.





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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 21:19



Une nuit, un jour. Pour renaître. Hier.
Instants de grâce consommés.
A peine le temps de reprendre souffle
que la fatigue m'étreint comme le froid
glace les os. Que le ventre recommence
son chant infernal.
J'ai froissé le drap du jour,
somnolé dans son ombre.
Une autre nuit s'approche et je lui ouvre les bras.
Je laisse tomber mon corps,
mon corps comme un drapeau en berne.
Mais de quoi porte-t-il le deuil ?







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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 22:47




Merci Danièle d'avoir déposé ce bonsoir et de t'être souciée de moi.
Ta sollicitude, si légèrement déposée par ces quelques mots,
m'a accompagné au long de ces jours de retrait dans l'ombre de la chambre.
Et l'image de ce feu de bois aux bûches léchées par la brûlure  des flammes
ne me quitte pas non plus. J'aimerais, un jour, venir m'asseoir là, tout près.
Quelques jours de plus et sans doute serais-je oubliée de la plupart.
A l'instar de notre société, il faut être performant et productif, ici aussi.
Si l'on est malade, tant pis pour soi.



Vivre au ralenti depuis mardi.

Corps au repos, immobile, alangui dans la chaleur du lit

cependant que le ventre est pesant. Accepter ce langage

du corps même si je ne le comprends pas.

Je commence tout au plus à le décrypter. Accepter ce corps

et ses failles puisque les rejeter équivaudrait à me rejeter , moi.

Je suis ce corps avec ses failles. Aucune violence, aucune douleur vive.

Juste un ventre qui s'exprime. Qui ne connaît pas (encore) la paix.

Laisser le mal tracer son chemin jusqu'à ce qu'il trouve la porte de sortie.

Je me souviens de Stéphane qui m'a donné cours de danse créative.

Un jour où je n'étais pas bien, il m'a dit qu'il fallait ne pas se crisper contre

le mal mais au contraire se dilater. Il y a bien longtemps que je ne danse plus

et je ne sais pas ce que Stéphane est devenu. Mais j'ai souvent pensé et je pense

toujours à ces mots-là.

Mardi et mercredi, je me suis laissée aller. Etendue, détendue. Poser les mains

sur ce ventre, le masser doucement en se demandant sans cesse ce qui se passe

sous la mince couverture de la peau.

Respirer. Profondément. Repos. Puis lecture. Sertie de chaud, la tête sur l'oreiller.

Dans le calme et la sérénité. Plus de regard accusateur quoique indifférent

" toi, tu peux te permettre de rester au lit ".

Plus d'humilation. Juste attendre que le corps s'apaise comme on attend, espère

qu'il va cesser de pleuvoir. Avant je n'osais pas descendre me faire un thé parce qu'il

était là. Parfois je n'en avais même pas la force. J'attendais. La présence d'un de mes

enfants. Pour demander à boire. Je restais parfois des heures, avec une soif immense,

brûlante. Alors cette semaine pouvoir jouir de mon mal. Descendre me préparer une

infusion, un thé. Me faire servir un repas chaud par mon fils. Le bonheur.

Même quand on est malade.

Il me semble pourtant que je vais mieux, que le mal prend de la distance.

Mais le corps reste fragile.Tant de rancoeurs accumulées comme des renvois qu'on n'a

pas fait. Des indigestions de mots, de reproches, de silences lourds d'orages.

Je ne savais pas que le ventre avant tant de mémoire. Je pensais qu'il gardait les traces

de la vie, la vie dans son enclos de chair, juste ces traces-là. Il garde tout en mémoire.

J'ai lu. Cela m'a rappelé ma jeunesse, surtout cette année où j'avais fait un épuisement.

Un mois passé au lit, à lire énormément.

J'ai lu. " Les braves gens ne courent pas les rues "  de Flannery O'Connor. Tout le recueil

de nouvelles. Je me suis plongée dans l'écriture de Colette Nys-Mazure :" Tu n'es pas seul " .

Comme j'aime cette écriture ! Je ne m'en lasse pas. Nourriture, ô combien essentielle. Lire.

Pendant que le ventre travaille. M'immobilise. J'ai retrouvé cette liberté d'être, d'agir.

Lire comme à vingt ans. Quand  Maman veillait sur moi. Lire au lit en étant malade.

Et cela  me relie à ce que j'étais. Que je n'ai pas cessé d'être.

Je savoure mon petit désordre sur le lit. A côté des épaisseurs fluides et moëlleuses sous

lesquelles je me glisse avec autant de délices.   Un foullis de feuilles, mon plumier, des livres. 

J'en suis presque fière. Comme  quelque chose qui m'appartient. Des livres et  encore des livres.

Ils dorment à coté de moi. Compagnons de choix.

De hier à aujourd'hui, nuit presque blanche. Comme si le sommeil avait fui, se conduisait en

rebelle. Dur. Impatience dans le noir. Soupirs. Contre toute attente,  journée paisible, sans trop

de fatigue à porter.

Le corps a ses secrets. On ne les lui ravira pas.

Aujourd'hui je suis retournée en ville. La vie reprend ses droits.









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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 21:33



Comment vous le dire...Certains ont beau dire qu'il ne faut rien attendre,
 depuis quelques jours j'attendais, j'espérais...Je guettais le facteur...
Et puis la nouvelle est tombée sur mon écran d'ordinateur, tout à l'heure...
Et là je ne m'y attendais pas...
C'est une joie, une JOIE immense, intense...
Oui, comment vous dire ce que cela représente pour moi...


Vous vous souvenez ce concours de nouvelles...
J'en avais parlé ici.
..très brièvement et ici...plus longuement
J'ai été sélectionnée !
Mon texte fait partie des 50 nouvelles sélectionnées, sur 517 participants...
Pour moi c'est déjà une victoire !
et j'ai donc...

"d'ores et déjà gagné la possibilité de participer à l'un des "Ateliers de réflexion autour de la nouvelle et sur la réécriture" de deux fois 4h conçus spécialement pour vous, et qui se tiendront les deux derniers week-ends de janvier..."
"Ces ateliers de réflexion, animés par des membres de Kalame, sont une opportunité unique afin :
  d'explorer plus avant le genre de la nouvelle
  de réfléchir au processus de l'écriture et notamment à "comment on devient lecteur de ses propres textes"
c'est- à-dire comment gagner en autonomie, porter un regard critique constructif sur sa propre écriture et envisager l'éventualité d'un retravail de son texte,
  d'expérimenter certains outils favorisant la personnalisation d'un univers, l'épure du style...
  de vous positionner face à votre écriture et au partage de vos textes."

Victoire donc de pouvoir participer à ces ateliers...J'ai choisi celui qui se déroulera dans ma ville avec Frédérique Dolphijn que je découvrirai...Elle a, à son actif, un beau parcours...

Et ensuite...retravailler la nouvelle...Et participer au deuxième volet du concours...







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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 22:17
            
9-jan-10-099.jpg   









                                                                                                           





Ce soir les enfants sont chez leur père.
 Pour la seconde fois en deux mois...
Demain c'est son anniversaire.                                                       9 jan 10 111
Je réalise que je n'ai jamais
passé
de soirée
seule à la maison.

C'est quelque chose de neuf,                                                          
à découvrir comme une saveur inconnue.
Je me suis fait à manger.                                                                  
Un petit coin à moi sur le bloc évier,                                           
mon
repaire habituel,
entre l'ordinateur
et mes
feuilles blanches
ou remplies de mon écriture.

J'ai mis un CD. Damien Rice.
C'est extrêmement rare quand j'écoute
de la
musique. Uniquement quand je
suis seule.
Et que je n'écris pas.
Je me construis mon empire.
Des bougies.
Un verre de vin.  
Je bâtis un poème.
Je pose ses fondations.

Pour un Fou, un ange.                                                                        9-jan-10-102.jpg
Un jeune homme étrange.                                                                             
L'instant comme un miracle.
Etre à soi, rien qu'à soi.                                                                    


                                                                                                                  




                                                                                                                     
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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 20:28


Dans la chambre. Ma chambre.
Assise au bord du lit pour sentir l'air chaud de la chaufferette électrique.
La pièce est froide et le radiateur la réchauffe avec peine. Mes doigts aussi
ont peine à trouver un peu de chaleur. Celle des mots, toujours fidèle.
Hier je me suis risquée à faire ma balade. Marcher me manque mais j'ai peur
 d'affronter le temps. Il y a le froid mais je peux le contrer. Je cumule les épaisseurs,
je peste contre l'hiver où il faut sortir harnachée de gros pulls, grosse veste, chapeau,
foulard, gants en laine. Et surtout j'ai peur de tomber. Mon corps a gardé en mémoire
cette chute dans les escaliers de pierre du bas de ma rue. Un certain automne.
Des semaines alitée. Le pied serré dans une attelle. Des béquilles.
Pendant deux semaines au moins impossible de descendre l'escalier hélicoïdal.
On m'avait mis une chaise sur le palier. Le matin je me levais et j'attendais.
Que quelqu'un se lève et m'apporte à manger et à boire. Les enfants souvent pressés
 avant le départ en cours, le bus à prendre. Mon mari qui dormait après sa nuit de travail.
Il ne fallait pas faire de bruit. Mon corps se souvient. Mon corps et ma mémoire.
Une mendiante. Chez soi. C'est cela que j'étais.
Alors dans la neige, avec le sol gelé, la peur. Moi qui aime tant marcher, qui le fais d'un pas
 alerte par temps sec ou même sous la pluie, j'ai la démarche hésitante. Comme j'aimerais
un bras ami qui se glisserait sous le mien ou l'inverse. Personne. Ne compter que sur sa
propre force.  Arrivée sur la ligne 38, respirer, enfin. La neige sur ce chemin des promeneurs,
devient une alliée. J'écoute le bruit de mes pas, j'écoute la petite musique de mes bras qui, en
 se balançant, frottent contre le tissu de ma veste. Je souris. Solitaire au coeur d'un monde
blanc. Mais des oiseaux m'accompagnent. Un rayon de soleil vient se poser sur
 la neige. Lueur rosée. Comme un instant  sacré que je suis seule à cueillir.
                     

                                                                                                       
Vendredi 8 janvier 2010



Aujourd'hui un bras ami s'est glissé sous le mien. Celui de ma fille de 19 ans. Le temps
d'une pause entre deux moments d'étude (ici c'est le temps de la première session d'examens).




Il neige
Il neige sur Liège
et la neige sur Liège pour neiger  met des gants




9-jan-10-068.jpg



Il neige il neige sur Liège
Et tant tourne la neige entre le ciel et Liège
Qu'on ne sait plus s'il neige  sur Liège
Où si c'est Liège qui neige vers le ciel


Jacques Brel




9 jan 10 039



                                                                                 
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Se couler vers un ailleurs

Je ne sais vers quel changement je me coule "
  mais le voyage a bel et bien  commencé.
  
Vers un ailleurs où je pourrais me poser,
poser mon corps chaotique et fatigué,
le poids de mes blessures.

Un ailleurs avec des mots
léchés par les vagues 
à moins que ce ne soit par mes larmes.
Car, à portée de regard, comme une évidence: la mer.
A perte d'horizon. La mer. 
Sa rumeur, ses humeurs.
La mer et l'écriture comme subsistance,
pain de mes jours.

Un ailleurs à l'écoute
de ma petite musique intérieure.
A défaut d'une chambre à soi,
inventer symboliquement un espace
qui m'appartienne,
que je puisse habiter à ma façon.
Construction encore bien fragile et hésitante, 
à grands coups de découragement, 
de tentatives maladroites et d'acharnement,
cet endroit se dessine peu à peu. 
Sous mes yeux. Sous les vôtres s'ils s'y posent. 

Espace impalpable qui se voudrait
alcôve sobre et chaude pour y loger 
un peu (le peu) de ce que je suis. 
Espace impalpable mais vivant
comme un battement d'aile.


      
         
Oui, le voyage a bel et bien commencé.

                                                        
                              
                      21 juillet 2009                          

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Choisissez ETHICLE et plantez des arbres.

DSCF1085.jpg
          Photo : Julie

100 recherches = un arbre planté.
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