Quelques jours avant mon départ, j'étais venue chez elle et j'avais lu, La longue route invisible fluide. S'émerveiller ensemble sur des pans de brume. frémir ensemble dans les brouillards troués d'appels rauques. Ensemble. Avec les autres. Tenus par tant de communauté. Du monde apparent. Séparé par tant de diversité du monde apparent...
Je lisias avec lenteur ce texte incandescent d'Hélène Bessette qui me préparait à l'idée du voyage.
(N.B. Si quelqu'un a déjà lu Hélène Bessette, si quelqu'un sait de quel livre cet extrait est tiré, ce serait très gentil de m'en informer.)
Je pensais à Gyl, à cette maxime tibétaine disant que le voyage est un retour à l'essentiel. Et puis je m'étais tue, absorbée par l'inquiétude qui me poussait si loin, seule.
A quoi pensez-vous ? avait demandé Clémence Barrot.
A quelqu'un, avais-je répondu.
Vous avez de la chance de pouvoir penser à quelqu'un, avait-elle murmuré.
Le canapé rouge-Michèle Lesbre
Et vous, à quoi pensez-vous ? Avez-vous la chance de penser à quelqu'un, comme la narratrice ? Ou sont-ce les mots de Clémence que vous pourriez aussi murmurer?...