Cette fraction, je l'ai découverte ici. Dans ce très bel espace de Toile nourri au quotidien.
Francis Dannemark, je le connaissais de nom, de vue. Il faisait partie d'une rencontre l'année dernière à la Foire du Livre avec beaucoup d'autres écrivains belges. J'avais entendu sa voix lors de cette belle émission radio "Tête-à-tête". Mais jamais encore je ne l'avais lu. Je savais qu'il était écrivain mais j'ignorais qu'il était aussi poète.
Et plus que tout, dit-il, j'aime la part de toi que je ne comprends pas, l'ombre qui cerne tes yeux, le silence qui s'engouffre entre trois de tes mots, j'aime le secret qui te porte et dont tu n'as pas la clé.
Il donne à tes lèvres le goût d'un fruit d'enfance, il donne à l'amour qui te fait encore défaut la force d'une promesse longue comme le jour.
Ces mots-là avaient un visage, une douleur sur laquelle se poser. Car ce poème était fait pour poursuivre son voyage. Je l'ai donc poussé un peu plus loin, oh pas très loin de l'endroit où je l'avais cueilli en somme, juste en banlieue. Son destinataire ne m'en a touché mot. Je n'ai pas su si ce poème l'avait, d'une quelconque façon, fait trembler. De ce tremblement intime quand on reçoit pareille offrande, quand la chair du poème vient se fondre dans sa propre chair. Mais que sait-on au juste de la vie du poème après que celui-ci ait été offert, donné à sentir, à ressentir ? Peut-être n'est-il pas arrivé au bon moment, peut-être que son destinataire n'était pas en état, prêt à le recevoir. Il y aura peut-être un décalage, une infusion de quelques mois voire des années pour que sa lumière l'éclaire. Faible lueur ou éblouissement.
Ces mots-là me coupent le souffle. Me raccordent à des paysages qui embrasent le regard, à des couchers de soleil, des ciels qui laissent interdits, à la beauté du monde. De chaque monde, en soi. Comme j'aurais voulu entendre ces mots-là, une fois dans ma vie. D'un homme amoureux. D''un ami. D'une amie. De quelqu'un qui aime mon mystère. Le secret qui me porte. Quelqu'un qui me parle de cet amour qui nous fait toujours défaut. Qui reste promesse. De jour en jour. Jusqu'au dernier.
Comme j'aurais aimé, comme j'aimerais que quelqu'un me dise : Danse avec moi, ne me laisse pas frissonner dans cet éclair d'éternité -Stefan Hertmans.
Magnifique poème. Je suis toujours admirative devant les personnnes qui manient avec tant de talent les mots. Ces mots qui vous donnent des frissons, qui vous emmènent vers d'autres horizons, qui vous font rêver.<br />
Moi aussi, j'aurais aimé qu'une personne me dédie ces mots ...Restons optimiste, il n'est jamais trop tard.<br />
Amicalement<br />
Marie
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Merci Marie, d'être passée. Merci pour ces mots, pour ce "il n'est jamai trop tard". J'ai soif d'optimisme !<br />
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Q
Quichottine
16/08/2009 00:03
J'ai suivi le lien...Et la fenêtre s'est ouverte sur un blog magnifique.<br />
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Merci de me l'avoir fait découvrir.<br />
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Un poème... Il a tant de choses à donner, des choses que même son auteur ignore.<br />
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Les mots ont ce pouvoir de créer l'émotion. Et chacune est différente.<br />
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J'ai aimé ce que j'ai lu, ici, et là-bas.