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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 19:38





Tu es né un 17 février. Sur une terre d'Afrique où la vie s'écoulait paisiblement. Tes jeunes années préservées, sauvegardées des charognards. Quand les hommes ont perdu la tête et le coeur. Quand ils ont vendu leur âme.  As-tu emporté avec toi un peu de ta terre pour aller vivre ailleurs ? Je sais que tu as emporté le meilleur de ton enfance. Calfeutrée entre la douleur, la perte.
Tu es né un 17 février. J'aurais pu te prendre dans mes bras, te bercer, caresser ta peau douce et m'émerveiller, comme chaque fois, devant la perfection d'un tout petit d'homme.
Aujourd'hui  c'est toi qui pourrait me soulever de terre. Tu es devenu un homme. Aujourd'hui c'est ton anniversaire. Je t'ai envoyé des livres comme j'ai pris l'habitude de le faire depuis que je te connais. Depuis que je sais combien ils sont importants pour toi. T'envoyer des livres, c'est aujourd'hui la seule façon d'être un peu présente dans ta vie. Cette vie que tu malmènes, où tu mets des barrières entre toi et les autres. La seule façon de te dire que je ne t'oublie pas malgré le mal que tu me fais, malgré le mal que tu te fais surtout à toi-même. Je t'ai promis de ne pas t'abandonner. De ne pas te lâcher la main tant que je serais là. T'envoyer des livres c'est un acte d'amour. D'amour dans ce qu'il a de plus désintéressé. Je n'attends rien de toi. J'ai appris à ne plus attendre tes mots. A Noël c'est vrai c'était douloureux, c'était un passage difficile pour moi. Tu ne m'as rien souhaité, tu ne m'as pas dit merci pour le livre, rien. Faut-il que tu sois mal, si mal, que tu aies mal, si mal pour n'être même pas capable d'un merci, d'un mot  d'amitié, d' un signe quelconque, d' une onomatopée, d'une main tendue le soir de Noël ?
Je t'ai imaginé découvrant l'enveloppe blanche, sa provenance. Déjà tu pouvais deviner ce qu'elle contenait. Elle ne pesait pas bien lourd, juste un livre qui évoquait ce film que tu avais vu, aimé. Tu l'as ouverte, pris le livre en main. Qu'as-tu ressenti en faisant ces gestes-là ? As-tu ressenti quelque chose ? Cette impression de mystère indubitablement. De me demander si tu ranges tes sentiments quelque part. Dans une boîte avec un couvercle.
Je ne suis pas sans coeur m'avais-tu écrit un jour. C'est impossible que tu le sois, je le sais. Mais tu l'enfuis sous une mer de maux et je me dis que tu ne dois même plus l'entendre battre. Il te faut nager, nager, plonger profond jusqu'à atteindre ton coeur. Cela t'épuise. Alors souvent tu restes à la surface. De ton coeur, de ta vie. Tu mets tes rêves de côté comme certains leurs sous à la banque. Tu dis que tu n'es pas aimé, qu'on ne peut pas t'aimer  tel que tu es. Et tu n'oses pas te montrer tel que tu es devant les autres. Tu souris, tu ris alors qu'à l'intérieur , tu es plein de larmes. Je les absorbe comme tes silences. J'y pose de temps en temps un livre pour qu'il t'accompagne dans ta quête. Tu dis  que la vie ne t'aime pas. S'il te plaît, n'accuse pas la vie. Elle est ce qu'on en fait. Alors cesse de gémir, d'avoir peur et va de l'avant. Tu te trouves au carrefour de tous les possibles.Ta jeunesse est une porte grande ouverte sur le monde. Sur la liberté.  Qu'elle ruisselle en toi.  Qu'elle t'éblouisse. Qu'elle te porte à semer, à courtiser la vie et frémir devant son souffle le plus infime.
Petit Poucet rêveur

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Published by Petit Poucet rêveur - dans Lettres particulières
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commentaires

Quichottine 24/02/2010 12:34


C'est une lettre émouvante... mais qu'ajouter qui n'ait déjà été dit ?

J'aime ce que tu dis de ce partage, des livres qui peuvent aussi sauver.

Livres de vie... livres de ton amour pour il/elle...


Petit Poucet rêveur 24/02/2010 13:59


Merci Quichottine...
J'ai été relire mon texte pour savoir s'il y avait un doute entre il ou elle parce que tu es la deuxième qui y fait allusion...Non, pourtant, aucun doute...Tu es né. Tu es devenu un homme. C'ets
donc bien "il" sans équivoque...
J'aime ce que tu dis à propos des livres...


Clo 20/02/2010 17:20


Je pense que si la personne née le 17 février lit ça, elle devrait opérer un visage à 90° concernant ses relations avec toi.
Tant d' amour crié dans cet article, ne devrait pas le(la) laisser indifférent(e).


Petit Poucet rêveur 20/02/2010 20:29


J'imagine que c'est "virage" :)
Tu m'as fait sourire, Clo...J'aime ta façon de le dire.
Tu sais, plus j'avance et plus je réalise à quel point l'humain est un profond mystère.
Merci pour tes mots...


veronique 18/02/2010 23:43


je suis émue a te lire... je sens mon coeur se serré si fort...j'aimerais tant qu'il puisse entendre tes mots bien au dela de ses maux. Mais la vie parfois amène sont lot d'incompréhension...est ce
pour mieux nous faire avancer...nous secouer ou nous dénouer...pire nous nouer.

Il est tant aimé malgré tout...un soir sur une tablette poussiereuse il ressortira un livre...ton livre...le sien... et il ouvrira sa vie comme il a du en ouvrir le livre...et il parcoura ses
pages...

un voeux...

véronique xxx


Petit Poucet rêveur 19/02/2010 08:41


Moi aussi je suis émue de découvrir tes mots ce matin...Come je l'ai été hier chez toi avec cette évocation de l'enfance...
Je lis, je relis et je n'ai rien à ajouter, tout est là...Merci pour ce ressenti, Véronique, en accord avec le mien...


chantal 18/02/2010 21:17


De la fusion de deux douleurs... une lettre comme un cri d'amour et d'espoir...

Partage émouvant !


Petit Poucet rêveur 18/02/2010 21:30


Emouvants tes mots à toi, Chantal...J'aime ta façon de le dire.
Merci !


Marieluce 18/02/2010 20:52


Ce message est porteur d'espoir, j'espère que son destinataire le lira et en sera encouragé pour continuer de gravir le chemin si rude vers la liberté et le bonheur ...


Petit Poucet rêveur 18/02/2010 21:28


Porteur d'espoir, c'est comme ça que je le vois aussi...
Merci Marie-Luce.


Se couler vers un ailleurs

Je ne sais vers quel changement je me coule "
  mais le voyage a bel et bien  commencé.
  
Vers un ailleurs où je pourrais me poser,
poser mon corps chaotique et fatigué,
le poids de mes blessures.

Un ailleurs avec des mots
léchés par les vagues 
à moins que ce ne soit par mes larmes.
Car, à portée de regard, comme une évidence: la mer.
A perte d'horizon. La mer. 
Sa rumeur, ses humeurs.
La mer et l'écriture comme subsistance,
pain de mes jours.

Un ailleurs à l'écoute
de ma petite musique intérieure.
A défaut d'une chambre à soi,
inventer symboliquement un espace
qui m'appartienne,
que je puisse habiter à ma façon.
Construction encore bien fragile et hésitante, 
à grands coups de découragement, 
de tentatives maladroites et d'acharnement,
cet endroit se dessine peu à peu. 
Sous mes yeux. Sous les vôtres s'ils s'y posent. 

Espace impalpable qui se voudrait
alcôve sobre et chaude pour y loger 
un peu (le peu) de ce que je suis. 
Espace impalpable mais vivant
comme un battement d'aile.


      
         
Oui, le voyage a bel et bien commencé.

                                                        
                              
                      21 juillet 2009                          

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