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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 09:27


Matin. Petit-déjeuner. Seule l'horloge brise le silence.
Parfois un bruit venu d'ailleurs, étouffé.
Le pain dans ma bouche, le petit bol de café chaud, ma respiration.
Mouvements lents qui s'éveillent au jour. Lumière sans ton chaud,
sans l'éclaboussure du soleil. Ciel velouté de nuages.

Que ta nuit soit douce m'a écrit Erellwen à une heure du matin.
Et c'est comme si elle m'invitait à parler de cette nuit,  cette première nuit où il n'est pas rentré dormir. C'était la dernière où j'aurais pu sentir sa présence à côté de moi mais il m'avait prévenu qu'il ne rentrerait peut-être pas. Il n'est pas rentré et il ne rentrera plus. Tout à l'heure il me rendra la clé, emportera les caisses qui encombrent le salon.
Fin d'une longue, très longue histoire.

J'ai bien dormi en dépit des quelques réveils. Je me suis étirée avec bonheur avant de me lever, gestes que je réprimais depuis tellement longtemps, osant à peine bouger dans cette promiscuité dérangeante. La chambre était devenue un cloaque où nous dormions ensemble faute de mieux. Le lit où nous ne partagions que notre distance sans nous frôler, était devenu le lieu suprême de notre indigence.

J'aimerais un lit neuf, vierge de tout passage.
Mais je n'ai pas les moyens de m'en offrir un
alors il me faudra composer avec ce qui est,
voir ce lit comme un palimpseste
où se déposera désormais
la seule empreinte de mon corps.

Pour une autre vie dans ma vie.

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Published by Petit Poucet rêveur - dans A l'ancre de mes mots
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commentaires

colette 03/11/2009 18:13


beau "palimpseste" que ce lit plus vide où se reconstruire sera parfois très dur parfois plus doux
bonne route
heureuse de te retouver en tout cas !


Petit Poucet rêveur 03/11/2009 21:15


Merci Colette. Moi aussi je suis heureuse de te retrouver. J'aime cette route-ci aussi...


erellwen 01/11/2009 23:01


Pour continuer les propos de Géraldine, je crois que le plus important, pour vivre sa vie, c'est d'être fidèle à soi-même, le plus profondément qu'on puisse. Cela implique d'être à l'écoute de soi,
du soi intérieur, qui n'est pas toujours perceptible à la conscience, de laisser tomber les masques... et de mettre ses actes en accord avec son être intime, avec conviction, mais sans
précipitation...
Il m'a fallu tomber très malade de reniement pour m'en rendre compte.
Je souhaite que les jours et les mois à venir soient pour vous libérateurs.
tendres pensées


Petit Poucet rêveur 02/11/2009 21:05


J'aime beaucoup ce que vous avez écrit. Tout cela me parle, fait écho en moi. Merci, Erellwen, pour vos souhaits et vos pensées qui me touchent.


Quichottine 01/11/2009 21:59


Pas si facile de réagir.

Mais j'aime ce lit où il faudra se retrouver soi après avoir été "nous".


Petit Poucet rêveur 02/11/2009 20:54


Oui, c'est bien vrai...Merci Quichottine.


MULLER Géraldine 01/11/2009 13:06


Ce texte, superbement écrit -tant pis si je me répète!- me frappe particulièrement, d'abord par son ton intimiste, puis par les mots d'espoir qu'il nous délivre... Il est des ruptures qui invitent
à l'unité de soi; il est des morts qui sont de bouleversantes renaissances.
Je vous souhaite "une trè belle vie dans votre vie".


Petit Poucet rêveur 01/11/2009 18:47


Il n'y a aucun mal à se répéter et vous lire me touche. "Il est des ruptures qui invitent à l'unité de soi", je vais retenir cela, c'est très beau et j'y suis très sensible. Merci
Géraldine.


Maria-D 31/10/2009 17:51


...


Petit Poucet rêveur 01/11/2009 20:31


J'ai été un peu surprise, déconcertée par cette absence de mots en vous "lisant" hier...Mais vous êtes passée et vous m'avez laissé ce signe. Merci pour votre présence, même tout en silence.


Se couler vers un ailleurs

Je ne sais vers quel changement je me coule "
  mais le voyage a bel et bien  commencé.
  
Vers un ailleurs où je pourrais me poser,
poser mon corps chaotique et fatigué,
le poids de mes blessures.

Un ailleurs avec des mots
léchés par les vagues 
à moins que ce ne soit par mes larmes.
Car, à portée de regard, comme une évidence: la mer.
A perte d'horizon. La mer. 
Sa rumeur, ses humeurs.
La mer et l'écriture comme subsistance,
pain de mes jours.

Un ailleurs à l'écoute
de ma petite musique intérieure.
A défaut d'une chambre à soi,
inventer symboliquement un espace
qui m'appartienne,
que je puisse habiter à ma façon.
Construction encore bien fragile et hésitante, 
à grands coups de découragement, 
de tentatives maladroites et d'acharnement,
cet endroit se dessine peu à peu. 
Sous mes yeux. Sous les vôtres s'ils s'y posent. 

Espace impalpable qui se voudrait
alcôve sobre et chaude pour y loger 
un peu (le peu) de ce que je suis. 
Espace impalpable mais vivant
comme un battement d'aile.


      
         
Oui, le voyage a bel et bien commencé.

                                                        
                              
                      21 juillet 2009                          

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